Le monde selon Clemenceau

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Formules assassines, traits d’humour, visions prophétiques, discours et réflexions ont fait la renommée de Clemenceau. Les lire ou les relire sont un régal pour l’esprit tant on découvre un autre homme derrière le “tombeur des ministères” des années 1880, le “briseur de grèves” de 1906, le Père de la Victoire de 1918. Grâce à ce recueil, on découvre sa vie, de la Commune de Paris au traité de Versailles, en passant par la crise boulangiste, le scandale de Panama ou l’affaire Dreyfus et tous ces combats républicains dont il fut un acteur majeur.

C’est le portrait de Clemenceau par l’historien Jean Garrigues

Ce livre nous fait découvrir de nombreux aspects parfois méconnus de la personnalité de Clemenceau.

Ce qui est fascinant chez Clemenceau, c’est son indépendance d’esprit. Celle-ci s’est particulièrement exprimée lors de la Commune de Paris. Favorable aux revendications du peuple parisien, Clemenceau a toutefois essayé de faire le médiateur entre Communards et Versaillais, Cela lui a valu l’inimitié des deux parties.

La fermeté et l’intransigeance caractérisent le personnage. Comme lors des grèves insurrectionnelles menées par la CGT qu’il a violemment réprimées, le 20 mars 1906. Attitude d’autant plus marquante que Clemenceau était un défenseur du petit peuple et révolté par la misère sociale.

Son courage est autant politique que physique. On se souvient particulièrement du soutien qu’il a apporté aux poilus en se rendant dans les tranchées avec les soldats.

Clemenceau a également soif de liberté. Il a des idées politiques mais ne s’y enferme pas. Au départ proche de ce qu’on pouvait nommer à l’époque l’extrême gauche, il est devenu par la suite plus modéré. Il n’aime pas les carcans qu’ils soient politiques ou idéologiques. Même au sein de son propre camp, il veut garder sa singularité et conserve un regard critique sur ses propres idées.

Il est un personnage sensible. Malgré son bellicisme notamment vis à vis de l’Allemagne, il n’aime pas la guerre pour la guerre. Il l’a fait pour défendre sa patrie et la liberté. Durant la Commune de Paris, il supportait mal la violence et la haine des parisiens dont il avait pourtant épousé la cause.

Clemenceau a une forte curiosité intellectuelle et une grande ouverture d’esprit. Ces nombreux voyages à travers le monde lui ont fait découvrir d’autres peuples. Comme les asiatiques, les turcs, les juifs galiciens…
Loin de la condescendance occidentale vis à vis de populations jugées inférieures, Clemenceau vante leurs qualités. Toutefois, son regard est parfois teinté de préjugés qui confinent au mépris.

La personnalité de Clemenceau est un mélange d’individualisme et d’altruisme. Il pense que c’est par l’expression de son authenticité et de sa singularité que l’on peut oeuvrer pour le bien commun.
Comme il le dit si bien dans cette citation: “Il est certain que l’homme seul c’est celui qui peut dégager le plus d’énergie personnelle, puisque aucune partie de son activité n’est neutralisée par des forces divergentes avec lesquelles un commun concours l’obligerait à composer.”

Enfin, même si Clemenceau est anti-clérical, sa foi est très grande et c’est elle qui l’inspire pur réaliser des grandes choses.
Il s’agit de l’idéal républicain au service de l’humanité. Une foi sans Dieu d’une certaine façon. Les convictions de Clemenceau montrent qu’il est possible d’être guidé par une spiritualité en s’affranchissant des dogmes religieux.

Je vous invite à lire ce livre qui décrit d’autres aspects de la vie et du tempérament de ce grand homme. Notamment sa passion pour les arts et les femmes avec lesquelles ils entretenaient des relations complexes…

 

https://www.cairn.info/le-monde-selon-clemenceau–9791021004320.htm?fbclid=IwAR3Y24LOrKlXwI6uFSVYTOsOqGIx_jwBSJRjQOJuEUxrhQqCpRlkaq0BHdE