De l’identité nationale à l’identité transnationale: l’inéluctable concrétisation du modèle juif?

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En Europe, le débat sur l’identité nationale est récurrent. Il intervient dans un contexte de mondialisation qui fait craindre une disparition des identités nationales, voire des nations elles-mêmes.
Même si le concept de nation est complexe, il repose sur des éléments abstraits comme l’histoire, la culture et la religion mais aussi sur des éléments concrets tels que la langue et le territoire.
Le sentiment d’appartenance à un pays est aujourd’hui obligatoirement lié à un ancrage territorial. Je suis français car j’habite sur le territoire historique de la France. Même les français vivant à l’étranger se réfèrent à ce territoire dans l’affirmation de leur identité. Évidemment la même logique s’applique aux autres peuples européens avec leurs territoires respectifs.
 
La mondialisation, la libre circulation des biens et des personnes mais aussi les guerres ont largement contribué à une recomposition territoriale des identités. La réduction, voire un jour la quasi-abolition des distances, accentuera probablement ce phénomène à l’avenir.
Un pays européen peut être composé de communautés aux modes de vie et cultures très différentes, qu’elles soient européennes ou extra-européennes.
A titre d’exemple la France compte de nombreux africains, nord-africains, asiatiques, portugais… En Angleterre les communautés pakistanaises et polonaises sont importantes tandis qu’en Allemagne, l’immigration roumaine, bulgare, croate et turque est significative.
 
Il ne s’agit pas de polémiquer sur la cohabitation des différentes communautés, ni sur les capacités d’intégration des pays d’accueil. Mais force est de constater qu’un français vivant à Paris peut se sentir plus proche d’un expatrié français vivant aux Etats-Unis que d’un compatriote d’origine asiatique ou africaine vivant pourtant dans la même ville.
C’est justement sur ce point qu’il convient d’insister car il est décisif. La France existe bien au delà de son territoire historique: économiquement par les entreprises françaises implantées à l’étranger, démographiquement par les expatriés français et culturellement par la langue et les traditions.
Si la France n’a pour le moment pas d’existence politique et administrative sur le sol étranger, l’épisode colonial étant achevé depuis des décennies, le sentiment d’appartenance au peuple français transcende largement les territoires et les distances.
Il est évident que les français vivant à l’étranger sont préoccupés par la situation de leurs compatriotes résidant en France. Si les français de Tel Aviv et de New-York descendent dans la rue fêter la qualification de l’équipe de France pour la finale de l’Euro de Football, c’est bien parce qu’une communauté de destin les unit à la France et aux français à travers le monde.
 
Cette conscience d’appartenance à un même peuple peut-elle un jour s’institutionnaliser?
Une fédération ou une corporation internationale représentant les intérêts français conciliera-t-elle le sentiment identitaire et la volonté d’unité avec l’inévitable dispersion des français à travers le monde?
Les français s’identifieront-ils à l’avenir à une institution supranationale comme ils s’identifiaient autrefois à la France historique?
Ces questions peuvent être posées pour tous les peuples mais aussi pour les communautés religieuses et les groupes identitaires.
Si cette prophétie peut effrayer des populations pour lesquelles l’ancrage à un territoire est constitutif de leur identité, l’histoire du peuple juif rassurera peut-être certains. Les juifs ne sont-ils par le meilleur exemple d’un peuple qui a su préserver son identité à travers les âges et en parvenant toujours à s’affranchir des territoires dans lesquels il a vécu ou desquels il a été chassé? Un sentiment d’unité qui n’a jamais cédé à la diaspora.

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