Analyse du film Rollerball a la lumière du judaïsme

Le film se déroule en 2018. Les nations sont abolies, les guerres, les conflits et la délinquance n’existent plus. Les gens ne connaissent pas la pauvreté, la misère, la famine. Tous vivent dans le confort, la prospérité et la paix. Même les horreurs du passé ont été effacées de la mémoire collective. On se doute que les religions, les communautés, les races n’ont plus leur place
dans cette nouvelle société.
Ce monde aseptisé, idyllique en apparence est dans le fond effrayant bien que personne n’en ait réellement conscience.
Qui dirige ce monde dont l’idéalisme masque la folie et l’amnésie collective?
C’est la CORPORATION, composée de cartels économiques planétaires qui regroupent les activités humaines en six départements : l’énergie, le luxe, l’alimentation, le logement, les communications et les transports. Ces cartels dirigent des formations sportives pratiquant le ROLLERBALL, sport ultra-violent, exutoire aux pulsions d’une société dans laquelle la violence n’a pas le droit de cité.
Mélange de hockey, de football américain et de boxe, ce sport a la particularité d’empêcher l’émergence de stars.
En effet pour la toute puissante CORPORATION dont il est au service, le jeu est plus grand que le joueur.
Pourtant un joueur, Jonathan.E va mettre à mal ce système oppressant pour l’individu. Vedette de l’équipe de Houston, il accumulera les succès et deviendra le favori du public.
Voyant d’un oeil inquiet ce sportif dont le charisme est dangereux pour l’idéologie de la CORPORATION, ses membres feront tout pour l’écarter en usant de la manipulation, du chantage et de la violence. Mais Jonathan ne cédera pas.
La finale se jouera entre Houston et New-York. Pour éliminer Jonathan, la CORPORATION décidera qu’elle se jouera sans règles, ni durée.
Jonathan sera le seul survivant de ce match terrifiant et meurtrier.
Il en sortira glorifié comme le symbolisent les acclamations finales du public. La victoire de Jonathan sera aussi celle de l’individu sur la toute puissante CORPORATION.
Comment interpréter ce film à l’aide du Judaïsme comme grille de lecture?
Alors que le Dieu du Judaïsme est insaisissable car il est une force supérieure surhumaine, celui de la société de 2018 est représenté par la CORPORATION qui bien qu’occulte est dirigée par des hommes.
La passion du jeu est une forme d’idolâtrie que notre Judaïsme interdit. Les idolâtres sont les spectateurs tandis que le jeu est l’idole. A la différence du Judaïsme l’idolâtre de ROLLERBALL est au service de Dieu car le jeu est plus séduisant que la CORPORATION sans âme.
La notion de bien et de mal est également fondamentalement différente de celle du Judaïsme. Dans le film, le mal n’est pas censé existé car les gens vivent dans un monde idéal. L’individu de 2018 serait naturellement bon alors que l’esprit du juif est habité par une lutte permanente entre le bien et le mal.
Finalement seul le triomphe décisif de Jonathan.E qui marquera aussi la libération psychologique de l’individu de l’aliénation de la CORPORATION, peut trouver un écho dans l’histoire juive. Une métaphore avec Moise qui libère son peuple de l’asservissement des Egyptiens.
On peut en conclure que la société décrite dans ROLLERBALL est contraire à l’esprit du Judaïsme …
Et puis dans un monde qui ne connait plus les pays, les frontières et les peuples, quelle serait notre place, nous les juifs, champions de l’exil?
Bien sur les antisémites et les complotistes auront leur réponse et affirmeront que cette effroyable CORPORATION…c’est nous!!

 

Rollerball2

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